Et si les seniors étaient l’avenir de Facebook ? (et inversement)

Les seniors débarquent sur Facebook... et c'est un gage de viabilité.

Les seniors débarquent sur Facebook… Gage de longévité du réseau ?

Depuis des mois, de nombreux experts, de nombreuses études, prédisent la fin de Facebook. Pourquoi ? Parce que les ados s’en lassent. Effectivement, sans réelle surprise, les ados, rejoints sur Facebook par leur famille, ont logiquement réduit leur exposition pour s’exiler en des lieux mieux protégés du regard parental.

Or, ce sont les ados qui ont assuré la médiatisation et la popularité du réseau social il y a maintenant 10 ans. Ce sont eux les prescripteurs en matière de culture numérique, eux qui explorent de nouvelles voies. S’ils ne sont plus là, que va-t-il donc advenir de Facebook ? Des chercheurs américains, se basant sur le sort réservé à MySpace, réseau musical qui a connu son heure de gloire au milieu des années 2000, viennent de prédire la fin de Facebook très précisément pour 2017. Autant dire demain.

Pourtant, les chiffres sont tombés hier : Facebook affiche une santé financière solide, avec des revenus en progression de 55 % en 2013. Et surtout, non seulement le nombre d’utilisateurs ne chute pas malgré la désaffection des ados, mais il continue de croître : Facebook revendiquait fin décembre 1,23 milliard d’utilisateurs actifs mensuels (contre 1,19 milliard le trimestre précédent). Parmi eux, près de la moitié (556 millions) se connecte tous les jours, un chiffre en hausse de 49% sur un an.

On ne peut s’empêcher de rapprocher ces chiffres de ceux d’une autre étude récente : en trois ans, Facebook a certes perdu 25 % des 13-17 ans, une présence largement compensée par l’arrivée massive (+ 80 % !) des plus de 55 ans sur la même période… Et c’est peut-être là la force de Facebook : avoir su offrir une plate-forme qui séduise aussi bien les ados (ils postent certent moins, mais ils sont « là » malgré tout) que leurs grands-parents. Entre deux, les parents sont arrivés sur Facebook avec pour première motivation de comprendre ce qui s’y passait pour mieux surveiller leur progéniture (voir les sites Parents 3.0 et Ados 3.0). Pour les parents, Facebook est la plupart du temps synonyme de stress, de conflits, d’incompréhension, tandis que pour les grands-parents, qui n’ont en général que le bon côté des relations avec les petits-enfants, Facebook représente une réelle opportunité de communiquer avec toute la famille. Il s’installent avec confort sur le réseau, sans a priori, même s’ils n’en maîtrisent pas toutes les subtilités. Et si l’on regarde plus dans le détail, l’arrivée des seniors devrait même réjouir Mark Zuckerberg, le créateur de Facebook : dès l’an prochain, pour la France, selon le Crédoc, le poids des seniors dans les dépenses de consommation dépassera les 50%, bien plus que leur poids démographique (39%). Aujourd’hui, plus d’un tiers des Français a plus de 50 ans. Et les plus de 60 ans, qui sont 15 millions actuellement, seront 20 millions en 2030 et près de 24 millions en 2060. Si l’on s’en tient à ces seuls chiffres, l’avenir de Facebook est assuré.

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Portrait robot du senior connecté

A shot of a senior couple video conferencing with their granddaughter

Il a plus de 55 ans (ou plus de 60 ans selon les études), mais a un rapport à l’âge beaucoup moins angoissé que ses aînés : le senior d’aujourd’hui a grandi après-guerre, dans un contexte économique très favorable, qui connaissait ce qui relève aujourd’hui du mythe, le plein emploi. A l’époque, le progrès n’était pas perçu comme potentiellement dangereux, mais comme porteur d’espoirs…

Les silver surfeurs, surfeurs aux temps grises et actives

Ceux que l’on nomme désormais les silveur surfeurs ne sont certes pas des digital native, mais ils embrassent le monde connecté avec la confiance propre à cette génération qui a prospéré avec les trente glorieuses. Ils représentent aujourd’hui un quart des internautes français et sont de plus en actifs en ligne. Contrairement à leurs enfants – les parents d’aujourd’hui -, ils ne voient dans les écrans que des motifs de satisfaction : ils se connectent pour communiquer et rester en contact avec leurs proches, pour aller à la pêche aux infos, pour jouer (ils sont par exemple surreprésentés sur le site de la Française des Jeux), pour consommer, et, de manière générale, pour occuper leur temps libre. Seuls freins pour eux : la complexité apparente des « technologies de l’information », et la crainte de perdre des données personnelles. Pour le reste, les seniors sont très éloignés des « dangers du Net » et ont un rapport positif avec les réseaux sociaux. La preuve : ils délogent peu à peu de Facebook les ados, et représentent aujourd’hui plus de 15% des inscrits américains, avec un bond de 80% en deux ans pour cette tranche d’âge.

Internet est essentiel

Même constat sur Twitter France, où la plus forte croissance du côté des utilisateurs vient des seniors (plus de 55 ans), dont le nombre a doublé entre 2012 et 2013, pour s’établir à 1,4 million… soir plus que les 15-24 ans (1,2 million). La campagne présidentielle de 2012, où les hommes politiques s’étaient emparés de Twitter, a peut-être poussé les seniors à se tourner vers ce réseau pour aller à la pêche aux infos. Ils ne sont pas cependant (pas encore !) des utilisateurs actifs. Au total, un senior français sur cinq est inscrit sur un réseau social. Pas étonnant, dans ces conditions, que la moitié des seniors considèrent qu’Internet est important pour leur vie sociale, voire « essentiel » pour 20% d’entre eux.

NB : tous les chiffres sont issus d’études, qui sont disponibles dans la rubrique « Faits et Chiffres » du site.